tangoperpignan

Nos Djs

Non loin du lac, à Villeneuve, les instruments de l’orchestre, après un concert enfiévré, sont fatigués, exténués.

Le piano à queue ne tient plus sur ses pieds. Le clavier a des envies de bémol, le couvercle s’est fermé comme une huitre.

La contrebasse affiche un air grave, solfège dans les cordes distendues du ring musical.

Les bandonéons sont essoufflés, à la recherche d’une goulée d’air frais, ils gisent étirés sur le tapis.

L’archer du violon, effiloché, demande réparation.

Le rideau tombe sur la scène.

Le parquet ondule et frémit.

Les danseurs retiennent leur souffle.

Nos D.J. arrivent en pleine lumière. Qui sera derrière les platines ?

DANY? dénichant sous les parquets Argentins de douces mélodies chargées d’histoire.

MANU? l’opiniâtre perfectionniste, ne disant jamais tchao, devant les défis de l’animation musicale.

EL PIBE? scrutant de sa haute stature des tangos bercés par DI SARLI, CANARO, nous plaçant dans leurs pas et émotions.

EL GATO? miaulant son plaisir d’amener à une soirée un Tango original sortant d’un pub Londonien.

EL MIRLO? haut perché, étreignant la musique et ses partenaires Milongueros comme autant de trésors.

Qui sera ?

Serge Donès 12/07/2015

Tous les garçons... et la fille

Tous les garçons… et la fille : Dany

  • Q- Pourquoi et comment es-tu passée de la piste de danse aux platines?
    R- Adhérente de l’association depuis sa création, j’ai été rapidement sensible aux différences rythmiques et aux mélodies des musiques des différents orchestres que j’entendais en bal, et je demandais à Isabelle G…, la fondatrice de Tangueros : quel est cet orchestre ? quel est ce titre ? Au bout de quelque temps, c’est elle qui m’a proposé de musicaliser. Deux voyages en Argentine m’ont sensibilisée à l’ambiance musicale des milongas de Bs As et de Montevideo, et j’ai rapporté des CD qu’on ne trouvait pas encore sur le net pour constituer ma discothèque.
    Avant de commencer, je me suis formée auprès de Gerry Kenny, puis d’Eric Schmitt. J’ai trié ma musique, répertorié les titres dansants et j’ai commencé en 2006 sur une milonga d’été. J’ai complété ma formation technique avec Cyberchris et Bernardo, tout en continuant, dans les stages et les festivals, à découvrir et à acquérir de nouveaux morceaux pour enrichir ma discothèque et les faire découvrir à mon tour.
  • Q- N’y a t’il pas un risque d’ennui ou de lassitude lorsqu’on musicalise une soirée entièrement dédiée au tango?
    R- Ben, non !… sinon on aurait déjà arrêté! Quand je prépare une soirée, c’est comme une invitation à diner : je m’y prépare à l’avance, je compose un menu qui pourrait régaler le plus grand nombre : les ingrédients ne manquent pas, on a tellement de beaux morceaux, sur trois rythmes (T/V/M), pour apporter des émotions et une dynamique toute la soirée. De nombreux titres ont été interprétés par différents orchestres, ce qui élargit les options. Parfois j’incorpore quelques pincées «de récents coups de cœurs». Je laisse reposer, je ré-écoute, et ré-ajuste, comme «on taste» une bonne sauce mijotée! Et puis on peut jouer avec les cortinas qui peuvent apporter une petite fantaisie comme des bulles de champagne, ou du corps ou de la douceur comme un bon vin.
  • Q-Qu’est-ce qui t’a attirée dans le tango?
    R- D’abord la danse : pratiquant toutes les danses de salon, j’ai eu le coup de foudre pour le tango argentin que j’ai vu danser en 1998 au théâtre de la cité de Carcassonne par la troupe de Tango Passion, par une belle nuit d’été. La finesse et la subtilité de cette danse m’ont rendue rapidement addict !
    Ensuite, j’ai prêté une oreille de plus en plus attentive aux musiques et j’ai été curieuse de mieux connaitre les musiciens, leur vie, leur style, les chanteurs, ce qui m’a conduite à élaborer plusieurs conférences, d’abord sur l’histoire du tango puis sur les orchestres, que j’ai présentées de différentes manières aux adhérents de Tangueros, Talon Aiguille et Tempo di tango : j’avais envie de sensibiliser les danseurs à la musique et les rendre plus attentifs à leur tour.
  • Q- Un titre, un compositeur, un rythme préféré… Pour quelle(s) raison(s)?
    R- Très difficile de choisir ! Mon premier titre accrocheur a été «Pavadita» par De Angelis écouté au théâtre du Minotaure à Béziers, puis «Recuerdo» de Pugliese et «Uruguay te saludo» par Racciatti, à Fabrezan : des émotions très différentes. Les goûts évoluent avec les années mais la voix de Jorge Falcon sur «Fueron tres años» de Varela me donnent toujours la chair de poule.
    Rythmes préférés : la milonga bien cadencée, et la valse sur laquelle mes pieds tricotent tout seuls…. De Angelis et les voix de Dante, Martel, Godoy, «Desde el alma» par Pugliese, ou Donato le fantaisiste ! Rien de très original, ce sont des standards qui plaisent à tous.
Un Dj qui surgit hors de la nuit...

Un Dj qui surgit hors de la nuit…

Un DJ qui surgit hors de la nuit,

Qui court vers la milonga au galop,

Son nom il le signe à la pointe d’un saphir (de 78 tours),

…..   Don DIEGO !

  • Au début ?
  • Dans les premières années des Tangueros de Perpignan, nos connaissances de l’univers du tango étaient limitées. Les professeurs m’ont donné les premiers conseils quand, comme Président, je me suis retrouvé  DJ derrière les platines. Et j’y ai pris goût.
  • Ensuite, j’ai voulu apprendre et progresser  pour pouvoir proposer une musique de qualité dans l’esprit et les formes des milongas traditionnelles.
  • Après 2 séjours à Buenos Aires et plusieurs stages avec des DJ’s  reconnus, je consacre encore beaucoup de temps à des recherches pour développer et améliorer ma discothèque, mieux connaître l’histoire du tango et pouvoir exprimer toute l’émotion contenue dans la musique. Pour cela, je partage régulièrement idées et réflexions avec des DJ’s expérimentés.
  • DJ pourquoi ?
  • Danser, discuter de tango, animer une milonga sont toujours de bons moments.
  • La milonga est un lieu de rencontre, de danse et surtout de plaisir.
  • Chaque musicalisation est un challenge. Avec ma sensibilité de danseur, je recherche selon  le moment du bal,  la musique la mieux adaptée aux danseurs et à l’ambiance: rythme, variété, qualité sonore et toujours 100% dansable. Au milieu des grands classiques, je glisse parfois des musiciens ou des partitions oubliés.
  • Et j’anime toujours ma programmation musicale avec un thème d’actualité ou un fil rouge pour que chaque milonga soit originale.
  • Pour que les passionnés comme les novices puissent profiter de mon travail de recherche, je propose à l’occasion des vidéos-conférences  qui couvrent des thèmes variés:   l’histoire du tango, sa musique, les codes du bal, le tango reflet de la société et de la culture « portègne », etc…
  • Des tangos préférés ?
  • Dans cette musique, j’aime des morceaux dans toutes les périodes, tous les styles et tous les genres parce qu’ils déclenchent chacun une émotion différente, les tangos chantés en particulier. Ils   permettent de ressentir la musique pour la danser de différentes manières ; peut-être une partie de mes racines qui remonte. Alors il m’est impossible de choisir.
La soirée sera miau..longuera

La soirée sera miau..longuera

  • Daniel « el gato rojo » raconte qu’il a commencé le tango argentin en 2000 aux débuts de l’association « Tangueros ». D’abord un peu réticent, puis intrigué, et très vite passionné par cette danse magique à la sensualité irrésistible…
  • Au début,  seule la rythmique m’intéressait et je « ronchonnais » contre les tangos chantés qui m’empêchaient d’entendre et de suivre le rythme ! Je portais au pinacle BIAGI, RODRIGUEZ, CANARO en version instrumentale ! et je me sentais perdu sur PUGLIESE. Puis peu à peu les chansons interprétées par BERON, LEDESMA, ECHAGÜE ou DANTE m’ont interpellé…  et mon « pauvre espagnol » de 4ème – deuxième langue – qui ne tenait pas la route!
  • Un premier séjour en Argentine m’a ouvert les yeux sur la « culture tango » avec ses milongas et ses codes. Là-bas j’ai pu lire l’émotion et la passion dans les yeux de vieux danseurs installés chaque soir à leurs places inamovibles et réservées à l’année alors qu’ils chantaient de leur place assise et à haute voix sur les tangos chantés passés par les DJ’s !! Cela se passait à El Beso haut lieu du tango portègne …
  • Alors que moi-même je poussais les CD sur les lecteurs portatifs qu’avait à l’époque l’association je me suis plongé dans les paroles, leur signification et l’émotion qu’elles véhiculaient en plus de la musique. C’est de là que je me suis orienté vers la musicalisation de soirées tango autant pour approfondir les thèmes musicaux que pour les faire partager dans la danse. Puis ce furent des stages de DJ tango, une écoute quasi exclusive de musique tango, un autre séjour à BsAs.
  • Mon intérêt pour la musique tango ne s’est jusqu’à aujourd’hui jamais démenti tellement les aspects historiques et humains de la culture portègne me sont apparus passionnants et vitaux pour progresser dans cette danse. C’est ainsi que maintenant ce sont TROILO, CALO et PUGLIESE que je préfère au travers de leurs tangos chantés le plus souvent et que … je réapprends l’ESPAGNOL !! »
Mirlo blanco y milonguero

Mirlo blanco y milonguero

  • « Pourquoi le tango ?
    Un mal pour un bien. Une impossibilité physique de pratiquer la salsa m’a propulsé dans les bras du tango argentin. Dès les premiers pas j’ai su que cette danse était faite pour moi , musicalement , techniquement , c’est sûr j’étais destiné à partager cette passion avec Véronique. J’ai toujours envie de danser, matin, midi et soir , à chaque fois cela me procure un bien-être profond. J’ai pris le départ d’un long apprentissage qui ne verra jamais la ligne d’arrivée et c’est ce qui me plaît et qui fait que je souhaite transmettre ma passion pour le tango argentin au plus grand nombre pour qu’à leur tour ils découvrent tout le bonheur que cette danse me procure chaque jour.
  • Pourquoi je suis passé derrière les platines?
  • Et bien pour apporter ma touche personnelle, diversifier les musicalisateurs. Je trouve que plus il y aura de         danseurs qui veulent musicaliser, plus le tango s’en trouve enrichi car chacun a sa personnalité et on la ressent au   travers des morceaux choisis par chacun. Je souhaite dire à ceux qui n’osent pas : « franchissez le pas » et c’est avec plaisir que je les encouragerai;
  • Une musique qui m’émeut ?
    Une période qui me passionne particulièrement est l’âge d’or (1935 fin des années 40). Difficile de sortir une création musicale tant elles sont nombreuses. Un petit faible pour Osvaldo Pugliese avec sa musique pleine d’accents dramatiques très expressive… « EL ADIOS » est sûrement un de mes tangos préférés sans oublier Francisco Canaro avec sa version instrumentale de 1939 de « Quiero verte una vez más ».
  •  Un seul désir commun avec Véronique, que jamais la passion du tango qui nous habite ne nous quitte! »

Daniel, Mirlo Blanco.

No llores por mí Argentina

No llores por mí Argentina

  • « Mon attirance pour le tango, outre le fait que j’adore danser, s’explique par mon séjour de quatre années en Argentine, de 1974 à 1978, qui m’a permis de découvrir un pays merveilleux avec une culture incontournable du tango et folklore argentins qui ne me quitte plus. Je suis donc sensible à tout se qui se passe en Argentine et tout se qui concerne le tango, ce qui m’a amené à m’intéresser de plus près à sa musique.
  • J’ai donc appris à danser le tango argentin chez les Tangueros depuis 2002 et j’avais constaté que certaines compositions m’inspiraient plus que d’autres, raison pour laquelle j’avais pensé que je pouvais réaliser quelques compilations de morceaux de musique que j’aimais particulièrement et, pourquoi pas, les faire partager à des amis. Mes premières compilations CD semblaient avoir été appréciées, ce qui m’a encouragé à poursuivre cette démarche dans le respect des règles et codes utilisés pour construire une milonga. En toute modestie je me définis comme un animateur de danse ou de musique de tango et loin de moi la pensée de me considérer comme un DJ traditionnel. Ce n’est ni ma vocation ni ma prétention.  Mon objectif principal est de rester un « animateur maison » qui se fait plaisir en offrant une musique que j’aime et qui partage ce plaisir avec le plus grand nombre de danseurs.
  • S’agissant du risque d’ennui ou de lassitude lorsqu’on musicalise une soirée, je ne me sens pas concerné puisque j’utilise, – et je compte continuer de le faire-, des compilations CD préenregistrées qui me permettent de rejoindre la piste de bal et de m’assurer ainsi que ma musique est convenable et, surtout, appréciée.
  • Quant à mes préférences, j’adore danser particulièrement sur « Poema » de F.Canaro, « Esta noche de luna » de Di Sarli ou Pugliese, « Fueron tres años » de H.Varela et bien d’autres bien sûr, mais la liste est longue…J’aime danser également sur des musiques de Di Sarli,F.Canaro, D’Arienzo, De Angélis et Pugliese car j’ai appris le tango sur la musique de ces maestros, et de bien d’autres, mais la leur en particulier. Pour terminer j’aime beaucoup le rythme des valses et milongas qui permettent de se « lâcher » par rapport au tango plus académique et sérieux. »

Christian, el Pibe

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